De la reconversion des friches au retour de l’emploi

Lorsque Alexandre Avril devient maire de Salbris en 2020, la ville porte encore les traces d’une désindustrialisation particulièrement brutale. La fermeture des sites du GIAT et de Matra, à la charnière des années 2000, a laissé derrière elle de vastes friches, des centaines d’emplois disparus et un patrimoine industriel difficile à reconvertir.
Salbris dispose pourtant d’atouts importants : une position centrale en France, une gare reliée directement à Paris, la proximité de l’autoroute A71, une tradition industrielle et un foncier encore accessible. Depuis 2020, la stratégie municipale consiste à transformer ces avantages géographiques en projets concrets, en agissant simultanément sur le foncier, l’accompagnement des entreprises, la formation, le commerce et la qualité de vie.
Créer un véritable service de développement économique
Le développement économique relève principalement de la Communauté de communes Sologne des Rivières, présidée par Alexandre Avril. En 2022, celle-ci se dote d’un service spécialisé et recrute une chargée de développement économique.
Trois missions prioritaires sont alors définies : recenser les terrains, bâtiments et commerces disponibles, accompagner les entreprises déjà présentes et prospecter de nouveaux investisseurs.
Deux dispositifs financiers sont également créés. Le premier soutient les projets d’acquisition, de réhabilitation ou d’extension de bâtiments professionnels. Le second accompagne les très petites entreprises dans l’achat de matériel ou la rénovation de leurs locaux et de leurs vitrines.
Cette organisation offre progressivement aux entrepreneurs un interlocuteur identifié, capable de les orienter vers les aides régionales, les chambres consulaires et les différents partenaires économiques. La méthode repose sur un accompagnement personnalisé, depuis la recherche d’un terrain jusqu’aux problématiques de recrutement.
En 2024, cette démarche est complétée par la création d’investirsalbris.fr. Ce site rassemble les terrains disponibles, les locaux à reprendre, les zones d’activité, les aides et les grands projets de la commune. Il constitue désormais la porte d’entrée des investisseurs souhaitant étudier une implantation à Salbris.
Transformer les friches en lieux de production

La reconquête économique de Salbris passe d’abord par la transformation des anciens sites industriels.
Le Technoparc des Cousseaux, installé dans les anciennes usines Matra, constitue le principal symbole de cette stratégie. Pendant près de vingt ans, l’entretien de cet ensemble de bâtiments vieillissants a pesé sur les finances communales sans permettre sa véritable renaissance.
À partir de 2021, la Ville privilégie la cession des terrains et bâtiments aux entreprises souhaitant investir durablement sur le site. Des ventes permettent ainsi le développement ou l’installation de Standis, Pégase Prod, MP Rézeau et BDF Emballages. Aresia, héritière de Rafaut, renforce également son implantation en reprenant les locaux de MSB et en modernisant ses capacités de production.
MP Rézeau a, par exemple, investi près d’un million d’euros dans la transformation d’un bâtiment abandonné depuis deux décennies. L’entreprise y a regroupé ses activités d’usinage, de recherche et développement et de fabrication de pièces automobiles de haute performance.
Dans la zone des Combes, MecaSup poursuit parallèlement sa croissance dans le domaine de la mécanique de précision. La vente d’un terrain communal a permis son extension, tandis que l’entreprise a renouvelé une grande partie de son parc de machines et développé de nouvelles capacités de production.
Nefab, autre acteur industriel majeur de Salbris, a choisi d’investir 1,5 million d’euros dans l’extension de son usine plutôt que de délocaliser son activité. Ces développements successifs consolident un tissu industriel composé à la fois de groupes internationaux, de PME spécialisées et d’artisans.
Former localement aux métiers recherchés


Le développement industriel se heurte rapidement à une difficulté : le manque de main-d’œuvre qualifiée. C’est pour répondre à cette problématique qu’ouvre, en septembre 2021, l’École de production Maurice Leroux, premier établissement de ce type en Centre-Val de Loire.
Installée au Technoparc, elle applique la pédagogie du « faire pour apprendre » : deux tiers du temps de formation sont consacrés à la réalisation de commandes confiées par de véritables entreprises, et un tiers aux enseignements généraux.
L’école forme d’abord aux métiers de l’usinage et de la mécanique de précision, avec un CAP puis un baccalauréat professionnel. Elle ouvre ensuite une formation aux métiers de la mode et du vêtement, répondant à d’autres besoins exprimés par les entreprises régionales.
De 14 élèves lors de sa première rentrée, l’établissement passe à 42 élèves issus de quatre départements en 2025. Devenue centre d’examen habilité par l’Éducation nationale, l’école renforce également ses relations avec l’industrie par une convention avec l’Union des industries et métiers de la métallurgie.
Cette implantation crée un lien direct entre la jeunesse, la formation et les besoins des entreprises. Elle permet à des jeunes de construire un projet professionnel concret tout en apportant aux employeurs les compétences nécessaires à leur croissance.
L’Atelier du Loup : structurer une nouvelle filière locale

L’ouverture de l’Atelier du Loup en septembre 2024 illustre une autre dimension de la stratégie économique : développer des activités directement liées à l’identité de la Sologne.
Installé sur une partie de l’ancien site Painsol, cet atelier de 1 750 m² est consacré à la collecte, à la découpe, à la transformation et à la commercialisation du gibier et de viandes locales. Le projet représente environ cinq millions d’euros d’investissement et a permis la création de près d’une vingtaine d’emplois.
L’objectif est de structurer une filière locale autour d’une ressource jusqu’alors insuffisamment valorisée, alors qu’une part importante de la viande de gibier consommée en France est importée. L’Atelier du Loup travaille avec les chasseurs, les restaurateurs et les commerces, tout en développant des débouchés nationaux.
Autour de cet équipement se constitue progressivement un pôle consacré à la nature, à la chasse et à la forêt. L’arrivée de Champgrand, de l’Armurerie Raphaël Rathier et de nouvelles entreprises spécialisées contribue à faire de l’avenue de Toulouse un secteur économique cohérent avec l’identité solognote de Salbris.
La renaissance de la Biscuiterie Painsol

L’histoire économique de Salbris se construit aussi par la sauvegarde de ses savoir-faire.
Après plus d’un siècle de production, la Biscuiterie Painsol ferme en 2024. La municipalité accompagne alors les salariés afin de faciliter leur reclassement et maintient le dialogue avec les propriétaires du site.
En septembre 2025, un groupe français reprend finalement le bâtiment, le matériel et la marque. La fabrication des célèbres nonnettes de Salbris redémarre dès le mois d’octobre avec une dizaine de salariés, parmi lesquels plusieurs anciens collaborateurs de l’entreprise. Des recrutements supplémentaires sont annoncés pour accompagner la reprise commerciale.
Cette renaissance permet de préserver un savoir-faire agroalimentaire centenaire et une marque étroitement associée à l’histoire de Salbris.
GEDIMAT : un projet majeur sur l’ancien site du GIAT

La reconversion de l’ancien site du GIAT constituait l’un des dossiers économiques les plus difficiles de Salbris. Plusieurs projets logistiques s’étaient succédé sans jamais se concrétiser.
En novembre 2024, le groupe GEDIMAT acquiert une partie du site pour y implanter son nouveau centre national. Le permis de construire adapté au projet est signé en février 2025 et le chantier débute à l’automne suivant.
[20/08/2026 15:21] Alexandre Avril: Le programme représente plus de 30 millions d’euros d’investissement. Il comprend plus de 40 000 m² d’entrepôts et 2 400 m² de bureaux destinés à accueillir des fonctions nationales, des services aux adhérents et des espaces de formation.
Près de 100 emplois directs doivent être proposés lors de la mise en service prévue en 2027. Le bâtiment, conçu pour pouvoir être agrandi après 2030, bénéficie d’une certification environnementale BREEAM Excellent, d’une importante toiture photovoltaïque et d’aménagements destinés à optimiser la gestion de l’eau et de l’énergie.
L’arrivée de GEDIMAT marque le retour d’un investissement industriel et logistique de grande ampleur sur un site longtemps associé aux échecs de la reconversion économique.
Soutenir aussi le commerce et l’artisanat

Le développement économique ne se limite pas aux grandes implantations. Depuis 2020, la municipalité accompagne également les créations et reprises de commerces en facilitant les relations avec les propriétaires, en recherchant des locaux et en valorisant les activités qui ouvrent.
Le bilan de fin de mandat recense 25 commerces ouverts, repris ou installés depuis 2020. Cette évolution s’accompagne d’une politique de rénovation des façades, avec le programme « Briques et bois », et d’une transformation du cœur de ville autour de la nouvelle halle et de la place du marché.
Ce chantier constitue lui-même un levier économique : 85 % des travaux de la nouvelle place ont été confiés à des entreprises de Salbris. La commande publique contribue ainsi directement à l’activité des artisans et des PME locales.
Une stratégie économique liée à l’attractivité générale de Salbris
Attirer une entreprise suppose aussi de pouvoir accueillir ses salariés et leurs familles. L’action économique est donc étroitement liée à la rénovation du centre-ville, à l’amélioration des écoles, à l’offre de santé, au logement, aux transports, aux équipements sportifs et à la vie culturelle.
La prochaine étape consiste à accompagner les recrutements attendus, notamment ceux de GEDIMAT, à répondre aux besoins de logements et à préparer de nouvelles capacités d’accueil pour les entreprises.
En six ans, Salbris est passée d’une logique de gestion des friches à une politique active de prospection, d’accompagnement et de création d’écosystèmes économiques. La transformation reste en cours, mais les premiers résultats sont visibles : d’anciens bâtiments retrouvent une activité, des entreprises investissent, des savoir-faire renaissent et de nouvelles perspectives d’emploi apparaissent.
Sous l’impulsion d’Alexandre Avril et de son équipe, avec l’action conjointe de la Ville et de la Communauté de communes Sologne des Rivières, Salbris affirme progressivement une nouvelle ambition : redevenir une ville de production, d’investissement et d’emploi au cœur de la Sologne.